Sur une fête d'entreprise, une kermesse ou un kids club de galerie, il y a toujours un moment où un enfant sort du cadre : il coupe la file, bouscule, refuse de rendre le matériel, ou deux copains se disputent le même ballon. Ce n'est ni rare ni grave, c'est le quotidien du métier. Ce qui fait la différence, c'est la réaction de l'animateur dans les dix secondes qui suivent. Voici comment nos équipes s'y prennent.
D'abord comprendre ce qu'il y a derrière
Un enfant agité est presque toujours un enfant en inconfort. Avant de corriger un comportement, nos animateurs cherchent la cause, parce qu'elle donne la solution :
- La fatigue et la chaleur. En fin d'après-midi, sous le soleil réunionnais, la tolérance d'un enfant tombe à zéro. Le sujet est développé dans animer par forte chaleur.
- L'attente. Un enfant qui patiente dix minutes devant une structure gonflable finit par bousculer. La file d'attente crée plus de conflits que les enfants eux-mêmes.
- L'activité mal calibrée. Un jeu trop simple ennuie les grands, trop difficile décourage les petits : les deux se traduisent par de l'agitation. D'où l'importance des animations adaptées à chaque âge.
- Le bruit et la foule. Certains enfants saturent vite, en particulier les plus jeunes et les enfants porteurs de troubles sensoriels, comme nous l'expliquons dans les animations inclusives.
- Le besoin d'exister. Beaucoup de comportements perturbateurs sont simplement une demande d'attention dans un groupe nombreux.
Les réflexes qui marchent
- Se mettre à sa hauteur. S'accroupir, parler doucement, l'appeler par son prénom. Un adulte debout qui hausse la voix obtient de la peur ou de l'opposition, rarement de la coopération.
- Donner un rôle plutôt qu'une punition. « Tu m'aides à donner les dossards ? » règle en une phrase la plupart des situations : l'enfant obtient l'attention qu'il cherchait et le groupe repart.
- Changer d'activité avant le point de rupture. Quand un groupe s'échauffe, on ne discute pas, on relance : un jeu calme, une chanson, un temps assis à l'ombre.
- Séparer sans exclure. En cas de dispute, on éloigne physiquement les deux enfants quelques minutes, chacun avec un animateur, puis on les fait revenir dans le jeu. On ne met jamais un enfant sur le côté à regarder les autres jouer.
- Faire baisser le volume général. Contre-intuitif mais efficace : quand l'animateur parle plus bas, le groupe se tait pour l'écouter.
Ce qu'un animateur ne fait jamais
- Crier sur un enfant ou l'humilier devant les autres, y compris sur le ton de la plaisanterie.
- Le saisir ou le retenir physiquement, sauf danger immédiat.
- Le priver du cadeau ou du goûter : la sanction collective d'un moment de fête laisse un souvenir durable, pour l'enfant comme pour ses parents.
- Commenter le comportement de l'enfant devant d'autres parents.
- Contredire un parent devant son enfant : le cadre familial reste celui des parents, l'animateur pose le cadre du jeu.
Quand faut-il aller voir les parents ?
Rarement, et jamais pour se plaindre. On sollicite les parents dans trois cas : quand l'enfant se met en danger ou met les autres en danger, quand il est manifestement épuisé et qu'une pause s'impose, et quand un incident physique a eu lieu, même bénin, ce qui rejoint le protocole décrit dans petits bobos et premiers soins. Le ton compte autant que le motif : on décrit une situation, on ne juge pas un enfant, et on propose une solution.
La meilleure prévention reste la conception de l'animation
La plupart des débordements ne se règlent pas sur le moment, ils s'évitent en amont : assez d'animateurs pour le nombre d'enfants (voir le taux d'encadrement), plusieurs pôles pour éviter les files, des durées de séquences adaptées (voir horaires et durée des animations), de l'ombre, de l'eau, et un adulte identifié par pôle. Quand ces conditions sont réunies, les conflits deviennent l'exception.
Sur un événement d'entreprise où les parents sont occupés ailleurs, ces règles valent doublement : voir occuper les parents pendant un arbre de Noël et notre exemple d'animation en galerie sur Nos Marmailles ont du talent.
À lire ensuite : nos animations pour enfants à La Réunion.