Sur une fête d'entreprise avec cinquante enfants, il y aura un genou écorché. C'est statistique, et ce n'est pas grave — à condition que quelqu'un sache exactement quoi faire dans les deux minutes qui suivent. Ce qui inquiète les parents, ce n'est jamais le bobo : c'est de voir que personne ne réagit. Voici le protocole que nous appliquons sur nos animations à La Réunion.
Les trois niveaux à distinguer
- Le bobo — écorchure, bosse, doigt coincé, chagrin : on console, on nettoie à l'eau, on met un pansement, on prévient le parent quand il revient chercher l'enfant ;
- L'incident à signaler tout de suite — coup sur la tête, saignement de nez qui dure, malaise, vomissement, forte rougeur avec somnolence : on arrête l'activité pour cet enfant, on va chercher le parent immédiatement, on ne discute pas ;
- L'urgence — perte de connaissance, difficulté respiratoire, fracture visible, convulsion : on appelle les secours en premier, on prévient le parent en parallèle.
La règle qui évite les erreurs : en cas de doute, on monte d'un niveau. Personne n'a jamais reproché à un animateur d'avoir prévenu trop vite.
Les numéros et ce qu'il faut dire
À La Réunion comme en métropole : 15 pour le SAMU, 18 pour les pompiers, 112 depuis un mobile. Ces numéros doivent être affichés au poste d'accueil, avec deux informations que personne ne retrouve dans la panique : l'adresse exacte du lieu (nom du domaine ou de la salle, commune, point d'accès pour un véhicule) et le nom du responsable sur place.
Au téléphone, on annonce : l'âge de l'enfant, ce qui s'est passé, son état actuel, si un parent est présent. Et on ne raccroche pas avant que l'opérateur l'ait dit.
Ce qu'un animateur ne doit pas faire
- Donner un médicament, même du paracétamol, même si le parent « a dit que c'était bon » par téléphone : seuls les parents administrent un traitement à leur enfant, ou les secours ;
- Déplacer un enfant qui s'est fait mal au dos, à la nuque ou à une jambe tant qu'on n'a pas évalué la situation ;
- Minimiser devant l'enfant (« c'est rien, arrête ») : on décrit calmement ce qu'on fait, ça calme mieux que la négation ;
- Prévenir le parent « plus tard, à la fin » quand il s'agit d'un choc à la tête. C'est le point qui met le plus souvent une famille en colère, à juste titre.
Ce que le prestataire doit apporter
Avant de signer avec une agence pour l'animation enfants de votre arbre de Noël ou de votre journée famille, demandez explicitement :
- une trousse de premiers secours présente sur chaque pôle, pas dans le coffre d'une voiture garée à 200 mètres — compresses, antiseptique en dosettes, pansements, poche de froid, gants, sacs plastiques ;
- de l'eau en quantité et un point d'ombre : sous notre climat, la plupart des « malaises » d'après-midi sont des coups de chaleur évitables ;
- l'attestation de responsabilité civile professionnelle à jour ;
- un référent identifié côté animation, joignable par téléphone, qui ne soit pas en train d'animer un jeu quand il faut gérer un incident ;
- la façon dont les allergies et traitements déclarés à l'inscription sont transmis aux animateurs le jour J.
La prévention, c'est 80 % du sujet
La plupart des blessures que nous voyons sur le terrain viennent de trois causes très concrètes : une structure gonflable où se mélangent des enfants de 3 ans et de 11 ans, un sol dur ou glissant sous un jeu de course, et la chaleur de 13 h à 15 h. Séparer les âges, choisir l'ombre et décaler les jeux physiques en fin d'après-midi supprime l'essentiel du risque.
Après l'événement, notez ce qui s'est passé, même pour un bobo : lieu, heure, ce qui a été fait, qui a été prévenu. Deux lignes suffisent, et elles protègent tout le monde si la famille consulte le lendemain.
Pour aller plus loin : combien d'animateurs pour combien d'enfants, qui surveille les enfants pendant l'événement, les règles des structures gonflables, ou l'accueil d'Animation Enfants 974. Côté adultes, sécurité et secours sur un événement d'entreprise complète le sujet.